Lundi 17 août 2009 1 17 /08 /Août /2009 12:45



Machiavel soutenait dans Le Prince que "Gouverner, c'est faire croire". Cinq cent ans plus tard, cette maxime politique n'a rien perdu de sa véracité, et peut même être complétée: gouverner, c'est faire croire... que l'on possède le plus gros décolleté.
C'est du moins l'argument politique gonflé de Mme Vera Lengsfeld, du parti allemand CDU, qui a semble-t-il tout misé sur son audacieux col V afin de remporter les élections législatives du 27 septembre prochain.
Et non contente d'exhiber ce sein que l'on aurait préféré ne pas voir, la perfide de mettre à l'affiche (au sens propre du terme) le décolleté plus timoré de sa rivale Angela Merkel. Le tout saupoudré d'une légende assassine: "Nous avons davantage à vous offrir". Silvio Berlusconi l'avait compris, un 90 C constitue désormais un argument électoral de poids.
L'intéressée a toutefois pris avec humour cette attaque lancée au-dessus de l'armature de soutien-gorge. Sans doute parce que ce n'est pas la première fois que les plantureux arguments de Madame la Chancelière sont dévoilés à son insu: en mai dernier, la marque de lingerie Bruno Banani avait ainsi déjà eu l'audace de portraitiser Angela en digne prétendante à la page centrale de Playboy. "Nous faisons tout pour soutenir la demande", lisait-on alors sur l'affiche, où Mme Merkel partait une nouvelle fois en croisade contre les lois de la gravité.


À ce rythme là, on peut présager qu'en France, les élections présidentielles de 2012 seront remportées par le détenteur de la Rolex la plus imposante. Détenteurs de Flik Flak s'abstenir.

Dans le registre des arguments politiques déloyaux, rien n'égale cependant la campagne de déstabilisation lancée contre St Obama, qui commence à trébucher sérieusement sur le piédestal où la liesse électorale l'avait fiévreusement hissé.
Son projet de réforme du système de santé déchaîne en effet davantage de passions que le décolleté d'Angela Merkel/la pizza que notre superprésident est miraculeusement parvenu à tracter à vélo jusqu'à sa résidence de vacances (sans faire de malaise vagal!). 
Et, si Sarah Palin avait déjà baissé la barre très bas avec une antienne aussi élaborée que le cerveau d'un Pokémon ("je ne veux pas que mes parents ou mon bébé trisomique comparaissent devant les tribunaux de la mort de [Dark] Obama"), c'est comme d'habitude sur le web que l'on retrouve les critiques les plus construites.
Un site,
Obama is literally Hitler, exaspère ainsi les tensions autour d'une idée simple (et donc accessible à tous, encéphales sarahpalinesques compris): Hitler et Obama, même combat.
Après tout, qui est chrétien, aime les enfants, fête Noël, possède un chien, lit les journaux, et pose pour des photos glamour? Hitler ET Obama, clame le site, photos  éloquentes à l'appui, ce qui suffit apparemment à déclarer nazi le dirigeant des États-Unis (ainsi que les quelques millions de personnes qui n'auront pas manqué de se reconnaître dans ce portrait).
Mais, pas de panique, ce site est à prendre comme les promesses de campagne de Ségolène Royal: au quatrième degré. Le fondateur du site, un étudiant américain en sciences politiques de vingt-quatre ans, se proposait précisément de prendre à contre-pied cette tendance persistante à assimiler tout rival politique à ce coriace symbole du mal absolu que constitue Adolf le petit moustachu. Ainsi, les démocrates avaient été les premiers à hitlériser George W. Bush Jr: tel est pris qui croyait prendre.
Malheureusement, le Net semble ne posséder qu'un niveau de lecture, et bien souvent les arguments du site ont été (re)pris pour argent comptant par des excités au neurone monogame.
Ce phénomène n'est guère nouveau: dans les années 90, l'avocat Mike Goodwin avait déjà décelé cette tendance des débats virtuels à aboutir à des non-arguments type "Bouh tu es la réincarnation de Hitler", "- M'en fiche c'est celui qui le dit qui l'est". Ainsi, l'on dit aujourd'hui qu'un débat a atteint le point Goodwin lorsque l'échange d'arguments rationnels n'est plus possible, pour cause de cerveau en location.
Conclusion: "Je pense, donc tu suis", affirmait Pierre Desproges, en  lucide analyste de la pensée de masse.

Méthode déloyale toujours, partons cette fois pour le Brésil, où un irréparable crime de lèse-télé fut commis par Wallace Souza. Ce présentateur de l'émission Canal Livre, député à ses heures perdues, s'était spécialisé dans la capture sur le vif de scènes de crime.
Et pour cause: on vient d'apprendre que le Columbo chanceux n'était en réalité qu'un criminel véreux, qui commanditait lui-même les meurtres dont il diffusait en exclusivité les images dans son programme.
Cet hyperactif aux multiples casquettes baignait d'ailleurs également dans le trafic d'armes et de drogue, et profitait ainsi de sa combine pour éliminer des rivaux trafiquants.
Mieux que le pompier pyromane... Espérons que cela n'inspirera pas notre Jean-Marc Morandini national, déjà spécialiste des faux live à Los Angeles vrai duplex Puteaux-Puteaux.

Autre combine qui a mal tourné: celle qui visait à transformer Lal Bihari en mort-vivant. En voulant contracter un prêt bancaire, ce fermier de l'Uttar Pradesh a en effet découvert, par un sombre matin de l'année 1976, qu'il était officiellement décédé aux yeux (myopes) de l'administration indienne.
Un zombie qui s'ignore? Non, bien plutôt un oncle intéressé qui lorgnait sur son lopin de terre, et était parvenu à convaincre, pot de vin à l'appui, un officer du gouvernement de faucher l'existence de M. Bihari en un coup de tampon mortifère.
Dix-huit ans plus tard, se produisit tout de même le retour du vivant, qui avait fondé entre-temps une association, Mritak Sangh ("Association des Morts"), afin de venir au secours des Desperate Zombies de son espèce en proie à une bureaucratie kafkaïenne.
Dommage, M. Bihari s'était pourtant habitué à signer "Feu M. Bihari" au cours de ses presque deux décennies de "near life experience".

La mort, réelle ou administrative, peut pourtant paraître éminemment douce aux yeux de certains. Comme l'écrivait Tolstoï dans Anna Karénine, "toutes les familles heureuses le sont de la même manière, les familles malheureuses le sont chacune à leur façon".
La preuve avec ce chinois, harcelé par sa harpie de femme alors qu'ils étaient à bord d'un ferry voguant houleusement sur le fleuve Yangtze, qui aurait sans doute aimé qu'un iceberg pointe le bout de sa glace afin de pouvoir rejouer le Titanic et couler sa femme à pic.
Réchauffement climatique et emplacement géographique oblige, point de glacier; M. le harcelé se résolut donc à sauter par-dessus bord, en se fendant d'une épitaphe désespérée: "Je ne peux plus la supporter, j'ai besoin d'une pause!".
Alors que les chances de survie étaient quasiment nulles au sein des courants agités, l'infortuné survécut, parcourut 1,5 km à la nage et regagna sain et sauf le rivage, ainsi que sa femme au poste de police.
Commentaire conclusif de cet Alain Bernard oriental: "J'ai vraiment cru que j'allais mourir, mais c'était peut-être mieux que de continuer à être harcelé par ma femme".
Puisque c'est comme ça, je vais aller me waterboarder.

George Vera pourrait quant à lui envisager une reconversion dans la prestidigitation. Ce prisonnier Texan de vingt-cinq ans est en effet parvenu à dissimuler pendant une semaine un pistolet... au sein de ses bourrelets.
Mieux qu'un coffre fort, les deux cent vingt-cinq kilos de ce Houdini en surpoids permirent à l'arme d'échapper aux trois fouilles successives auquel M. Vera fut soumis.
Mais un moment d'inattention sous la douche dévoila le pot aux roses, et la cachette secrète aux gardiens.
Cette petite partie de cache-cache se conclut mal puisqu'elle pourrait en fin de compte valoir à son perdant jusqu'à dix ans d'incarcération pour détention illégale d'arme à feu.
Les terroristes n'ont donc plus qu' à se mettre au McDo, ou, variante féminine, se doter du décolleté de Vera Lengsfeld. 

Autre phénomène souvent caché aux touristes amateurs de musées: le syndrôme de Stendhal. Cette expression, inventée par la psychiatre Graziella Magherini, ne se réfère point à la crise de nerfs qui saisit l'Homo Estudiantus Paressus devant analyser le roman-pavé Le Rouge et Le Noir (qui, malgré son titre, se révèle infiniment moins sexy que la chanson de Jeanne Mas).
Elle est plutôt née d'une anecdote, rapportant le malaise qui saisit Stendhal, non pas à la vue du décolleté d'Angela Merkel, mais alors qu'il admirait à coups de "Oh!" et de "Ah!" inspirés l'Église florentine de Santa Croce. Troublé par la magnificience de ces lieux chargés d'histoire, il ressentit un malaise (vagal?) qui le contraignit à s'asseoir afin de se reposer de ces émotions (avant de repartir se prendre une pizza Quatre Fromages, à l'instar de notre président).
L'on a depuis recensé de nombreux cas similaires. Le dernier en date concerne une touriste russe, dont les fourrures en hermine l'avaient sans doute peu habituée à la simplicité du bon goût. Quoiqu'il en soit, lors d'une expédition au Louvre afin de chasser l'oeuvre d'art à coup d'appareil photo dernier cri, madame ressentit le besoin irrépressible de balancer sur la Joconde de Léonard de Vinci son mug, acheté quelques minutes auparavant à la boutique du musée. (On est d'accord, le prix du mug carré est scandaleux; de là à l'écraser sur une oeuvre d'art telle une mouche sur le genou d'Obama...)
La belle du tableau ne se départit en tout cas point de son sourire, vitre de protection oblige.
Quant à l'ennemie des mugs français, elle se vit contrainte de troquer ses fourrures contre une camisole de force. La Joconde en rigole encore.

L'homme peut ainsi succomber sous le poids de sa propre culture, et un petit retour à la nature peut parfois s'imposer.
Et quoi de mieux pour se faire qu'une petite danse rituelle?
C'est en tout cas le pari effectué par le concours Dance your PhD, "Danse ta Thèse", lancé en 2008, qui invite les thésards à dépoussiérer leur thèse de recherche en l'interprétant sur le dance-floor.




Après la Macarena, la danse de l'hémoglobine ou la chorégraphie du rôle de la vitamine D dans le fonctionnement de la cellule bêta pourraient inspirer plus d'un Travolta en herbe.On ressent en tout cas furieusement l'envie de lancer un mug à la vue de ces morceaux de bravoure artistique. 

Par ua12+6
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